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3 Jain [SENAT] noises se relirèrent vers cette époque, elles disparurent peu à peu du Tonkin. Est-ce par suite de l'exécution de la condition à laquelle notre ministre avait consenti, ou n'est-ce pas par la vertu tout autrement sensible des mesures sucrées qu'à la même date le gouverneur de la Cochinchine prescrivait au commandant Rivière? Il est difficile de le dire. Les deux opinions ont été discutées et ont chacune leur vraisemblance, selon moi, d'ailleurs, tout à fait inégale.
DEBATS PARLEMENTAIRES
Cette condition était celle qui, dans la pensée de M. Bourée, devait équivaloir à l'ouverture du Yun-Nan.
Nous n'avons pu, messieurs, avec quelque soin que nous l'ayons examinée, y voir autre chose que la remise aux mains de la Chine de la clé même de la navigation du fleuve Rouge. Par cette clause, nous disposions, sans droit, sans raison, contrairement à la justice, contrairement au traité de 1874, d'un territoire qui ne nous appartenait pas. Tout, messieurs, dans cette partie de la convention M. Bourée fit les déclarations qu'on lui demandait; il les fit au mois de novembre, sans autorisation, sans instruction préalable, spontanément, sous sa responsabilité. Il écrivit une lettre d'un ton et dans des termes qu'il nous serait, encore aujourd'hui, impossible d'accepter.
Les troupes chinoises étaient au Tonkin, elles y étaient entrées sans droit; leur présence y était une menace pour les nôtres et constituait une violation formelle d'un territoire dont nous avions la défense. Eh bien, M. Bourée sollicitait le retrait des troupes chinoises, et voici dans quels termes: «Mon Gouvernement trouverait un gage significatif du bon vouloir de la Chine et de la confiance qu'elle accorderait à nos loyales déclarations, si elle consentait à reporter vers le Nord les troupes impériales venues du Kouang-Si et du Yun-Nan, et dont la présence dans le cercle des opérations que nos colonnes volantes doivent entreprendre contre les bandes aux pavillons noirs ou jaunes pourrait donner lieu à d'embarrassantes difficultés. Quelles ne seraient pas, en effet, les conséquences d'une méprise qui porterait nos soldats à attaquer ceux de l'Empereur?»
Quoiqu'il fût très vrai que nous n'en voulions nullement à la souveraineté territoriale du roi d'Annam, et que nous n'avions pas l'intention de conquérir ou de nous annexer le Tonkin, quoique cela fût vrai, M. Bourée n'en faisait pas moins une déclaration, à laquelle rien ne l'obligeait, qu'on n'avait aucun droit d'exiger de lui. Quoiqu'il fût aussi très vrai que nous ne voulions qu'appliquer purement et simplement le traité passé, il y a neuf ans, avec le roi Tu-Duc et dont nous avions donné communication au gouvernement impérial, sans que, de ce chef, aucune protestation, aucune objection même nous eût été opposée depuis, M. Bourée, indépendamment d'une déclaration qu'on n'avait nulle raison de lui demander, se livrait à des protestations encore plus inacceptables lorsqu'il disait: «Votre altesse me dit aujourd'hui que la Chine a un droit de suzeraineté sur l'Annam, mais c'est là un point qui n'est nullement mis en cause, et je ne vois pas quel intérêt il y aurait à le discuter puisque rien dans notre conduite n'implique la méconnaissance du principe que vous voulez bien rappeler.» (Rumeurs sur divers bancs.)
Si nous avions souscrit à ce langage, si nous avions approuvé de pareilles déclarations, de pareilles protestations, n'est-il pas vrai? nous aurions, par cette approbation, déchiré ou à peu près le traité de 1874, c'est-à-dire le véritable titre sur lequel nous nous appuyons.
Voilà, messieurs, quelle était la première condition de l'arrangement accepté par M. Bourée. Il y en avait une seconde, par laquelle il était convenu que la ville tonkinoise de Lao-Kai, terminus naturel de la navigation ascendante du fleuve Rouge, serait remise à la Chine, qui y établirait une douane, qui la considérerait comme lui appartenant, et de telle sorte, dit la dépêche de M. Bourée, que les produits étrangers ayant franchi cette barrière se trouveraient placés au delà, sous le régime ordinaire de tous les produits qui ont pénétré dans l'intérieur de la Chine par les ports ouverts.
Il y en avait une troisième qui donnait lieu à des objections d'un autre ordre, mais selon nous, également fortes.
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Année 1883
DEBATS PARLEMENTAIRES
Année 1883
... un point parmi les informations relatives à ce traité, et donnant par suite plus de force à l'arrangement que notre agent à Pékin avait accepté, auxquelles nous n'avons pas cru devoir souscrire et dont l'acceptation parait avoir été complètement sauvegardée. M. Bourée ne nous a pas paru avoir près du gouvernement chinois une autorité suffisante pour parler au nom de la France.
Et le ministre de la marine ajoutait:
Nous les avons repoussées parce qu'elles nous ont paru dangereuses, illusoires et parfaitement destructives du traité de 1874. Si nous les avions acceptées, vous auriez eu droit de nous demander, et certainement plus d'un d'entre vous en aurait usé, ce que nous faisions des traités que nous étions chargés de maintenir, de quel droit nous permettions de mettre à néant la signature de la France.
(Très bien! à gauche.)
M. de Gavardie: Il fallait l'y laisser... (Rumeurs à gauche.) Comment ne peut-on pas dire cela?
(Voix à gauche: Non! - N'interrompez pas M. le ministre....)
Lorsque nous avons nommé, pour la remplacer, un agent d'un esprit conciliant, d'une rare intelligence, et que nous lui avons donné pour mission de se montrer large et facile à toutes les ouvertures qui pourraient lui être faites; nous voulions donner un nouveau témoignage de nos bonnes dispositions.
Dans les entretiens qu'il m'est arrivé d'avoir avec l'ambassadeur de Chine à Paris, qui n'avait plus de relations avec le département depuis près d'une année, je ne lui ai pas fait mystère de notre désir d'éviter tout démêlé, lequel n'avait de limite que les engagements que nous avons pris et les engagements qui ont été contractés envers nous, et je dois dire qu'à cette heure rien ne nous donne lieu de croire qu'on nourrisse en Chine la pensée d'une rupture.
Car, messieurs, il ne faut pas s'y tromper. Et ces conventions, messieurs, si longuement élaborées et qui inspiraient de telles armes, ces conventions auxquelles notre ministre à Pékin attachait une valeur que nous pouvions leur reconnaître, il n'est pas sûr qu'elles aient jamais été acceptées par le gouvernement chinois; il n'est pas sûr qu'elles aient jamais été souscrites.
Vous avez pu lire, il y a quelques jours, dans un journal conservateur, une conversation, très probablement authentique et qu'on n'a point démentie, entre un diplomate en Chine, de laquelle il résulte clairement que si ces conventions ont été soumises à l'examen du Tsong-li-Yamen, il n'y a jamais donné son approbation.
Et quand même ces lignes n'existeraient pas, je demande, messieurs, ce que c'est que toutes ces négociations, toutes ces transactions, toutes ces conventions avec la Chine, si elles ne sont pas, en fait, la reconnaissance d'un droit que la Chine ne peut posséder sans que nous n'en ayons plus aucun au Tonkin...
Le télégramme du 29 décembre, parmi les lignes qui sont un démenti formel à cette assertion, lignes décisives, à moins qu'elles ne soient absolument dépourvues de sens, contenait une condition dont il donnait une idée, et c'était, à coup sûr, la plus séduisante, qu'il énonçait en ces termes: Reconnaissance du protectorat de la France au Tonkin, sauf sur une zone à délimiter le long de la frontière.
Cette reconnaissance, c'était déjà beaucoup que de l'accepter, car on reconnaissait ainsi implicitement à la Chine le droit de la refuser. Mais on conçoit toutefois que le désir de donner à un grand empire fier de sa population et de son territoire immense, jaloux de conserver les souvenirs de son passé, une satisfaction morale et de maintenir à ce prix les bonnes relations que nous avions avec lui, on conçoit parfaitement qu'un pareil désir eût conduit notre agent à accepter une pareille clause.
On conçoit de même que, si une rectification de frontières paraissait nécessaire à la Chine pour sa sûreté, notre agent s'engageât, en notre nom, à l'obtenir du roi d'Annam.
Mais il n'était plus question d'une zone à délimiter le long de la frontière, il s'agissait en réalité de diviser toute la région qui est au nord du fleuve Rouge par une ligne de démarcation à tracer en des points qui n'étaient pas déterminés, la partie au nord de cette ligne devant être placée sous l'autorité de la Chine, celle qui est au sud devant rester sous la police de la France.
Ce n'était pas la reconnaître le protectorat de la France, c'était purement et simplement le partager. Or, nous voulons bien être les amis de la Chine, et c'est précisément pour cette raison que, loin de nourrir la pensée d'attenter à l'intégrité de son territoire, nous ne voulons pas même être ses voisins immédiats, séparés d'elle par une ligne simplement idéale.
Nous voulons vivre avec la Chine en bons termes, sur le pied de relations cordiales, et c'est pour cela que nous ne pouvions accepter une coopération qui aurait ouvert la porte à mille manœuvres, qui nous aurait imposé des charges dont il était impossible de mesurer le poids, qui aurait ouvert une source intarissable de prétentions rivales, de démêlés et de conflits.
Nous ne pouvions pas souscrire à cette condition.
Il y avait un quatrième point sur lequel je n'ai pas à m'appesantir, à savoir que cet état de choses serait placé sous la garantie commune de la France et de la Chine. Je ne m'y arrête pas parce que, en présence de ce qui se passe, de ce que nous savons aujourd'hui, en présence de la connivence qui n'a jamais cessé entre l'Annam et la Chine, une pareille condition a vraiment quelque chose de dérisoire.
Telles étaient, messieurs, les conditions de...
à peine ces pourparlers étaient-ils terminés que, dans une lettre d'un caractère extrêmement courtois - c'est M. Bourée qui le dit - nous devons l'en croire, car il n'a pas cru devoir nous faire connaître cette lettre - le Tsong-li-Yamen faisait des contre-propositions qui bouleversaient de fond en comble le travail accompli; il ne s'agissait plus de convention, de traité; de quoi s'agissait-il donc? Il s'agissait d'une conférence dans laquelle aurait été admis un plénipotentiaire annamite et dont les membres auraient été nommés d'un commun accord entre les gouvernements de l'Extrême-Orient.
A peine les conventions que je viens de vous exposer sommairement, avaient-elles commencé à transpirer; à peine étaient-elles connues que, parmi les indigènes, d'une part, et nos nationaux en Chine et en Cochinchine, d'autre part, il n'y eut qu'un cri; on y vit aussitôt l'indice de notre prochain départ, le triste prélude de l'abandon définitif d'une entreprise que nous poursuivions depuis neuf ans.
M. le ministre de la marine, interprète de ces sentiments, adressait, à la date du 20 février, le jour même où nous entrions aux affaires, au ministre des affaires étrangères, une lettre où ces inquiétudes faisaient jour, dans un langage caractéristique.
Les journaux de Chine, disait cette lettre, publient à propos du projet de traité conclu entre notre ministre et le Tsong-li-Yamen; je ne relèverai pas leurs insinuations, qui ont provoqué dans l'opinion un mouvement que je ne saurais trop appeler sur ce point votre haute attention.
(Très bien! à gauche.)
Mais, messieurs, il faut bien qu'on sache que partout où s'élèvera entre la France et une puissance quelconque un démêlé, nous nous montrerons pressés de chercher les moyens de l'aplanir et heureux de les trouver.
Si la Chine croît avoir au Tonkin d'autres intérêts que ceux de son commerce, ceux de la sécurité et de l'ordre que nous sommes chargés d'y rétablir, nous n'avons jamais eu la pensée de nous refuser a priori à toute proposition d'arrangement qui serait compatible avec nos droits.
Nous savons tenir compte de la dignité du gouvernement d'un peuple immense et du prix qu'il peut être forcé d'attacher à de certaines concessions flatteuses pour son orgueil national.
Lorsque nous avons rappelé M. Bourée, nous avons, néanmoins, maintenu à son égard une attitude conciliante.
Dans les entretiens qu'il m'est arrivé d'avoir avec l'ambassadeur de Chine à Paris, qui n'avait plus de relations avec le département depuis près d'une année, je ne lui ai pas fait mystère de notre désir d'éviter tout démêlé...
La Chine, messieurs, désire être en sûreté chez elle et elle a raison. Certes, si elle est exposée à quelques périls, en butte à quelques menaces, ce ne sera pas de notre côté. S'il lui convient d'ouvrir au commerce de l'Occident ses provinces du midi, nous en serons heureux; s'il lui convient mieux de rester hermétiquement fermée aux produits et aux influences de l'Europe, nous n'avons rien à dire, mais ce que nous ne pourrions admettre, c'est que, hors la Chine, nous ayons à compter avec l'empire du Milieu.
Nous avons la ferme confiance que la Chine, dont les intérêts au Tonkin sont non pas opposés mais identiques aux nôtres, ne se laissera pas entraîner à une immixtion que nous ne pourrions pas supporter.
Nous savons, messieurs, qu'on travaille à exciter la Chine et nous savons qui l'excite. (Très bien! à gauche. Mouvement.)
Nous voyons des passions, qu'on devait croire assoupies pour toujours, se réveiller avec violence. Nous espérons qu'à force de sang-froid, de patience, de mesure, nous aurons raison de ces passions, nous ferons tomber cette colère apparente, nous donnerons à cette fumée le temps de se dissiper.
Nous pensons aussi que la Chine ne se laissera pas entraîner.
Sur ce point, je dois l'avouer, il s'est élevé entre nous et notre ancien ministre en Chine une différence d'appréciation. La nôtre, messieurs, repose sur des informations multipliées, approfondies, impartiales.
On a bien dit tout ce que disent nos agents en Chine, l'opinion unanime de tous ceux qui ont vécu dans ce pays, qui l'ont parcouru, qui l'ont habité et observé, et les aveux même des fonctionnaires chinois de l'ordre le plus élevé, tout cela ne signifie rien, tout cela est sans valeur ou bien il est avéré, il est certain que la Chine, sa sécurité garantie et son amour-propre mis à couvert, n'aura pas la pensée d'intervenir dans une affaire où elle n'a ni droit ni intérêt.
(Très bien! très bien! et applaudissements prolongés à gauche.)
DÉPÔT DE RAPPORT
M. le président: M. Gouin a la parole pour le dépôt d'un rapport.
M. Gouin: J'ai l'honneur de déposer sur le bureau du Sénat un rapport fait au nom de la commission des finances sur un projet de...
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3 Jain [SENAT] noises se relirèrent vers cette époque, elles disparurent peu à peu du Tonkin. Est-ce par snite de l'exécution de la condition à laquelle notre ministre avait consenti, ou n'est-ce pas par la vertu tout autrement sensible des mesu- rea sucrées qu'à la même date le gouverneur de la Cochinchine prescrivait au commandant Ri- vière? Il est difficile de le dire. Les deux opi nions ont été discatées et ont chacune leur vraisemblance, selon moi, d'ailleurs, tout à fait inégale.
DEBATS PARLÉMONTAIRES
Cette condition était celle qui, dans la pensée de M. Bourés, devait équivaloir à l'ouverture du Yun-Nan.
Nous n'avons pu, messieurs, avec quelque soin que nous l'ayons examinée, y voir autre chose que la remise aux mains de la Chine de la clé même de la navigation du fleuve Rouge. Par cette cisuse, nous disposions, sans dr., ans raison, contrairement à la jus- tice, contrairement au traité de 1874, d'un ter- ritoire qui ne nous appartenait pas. Tout, mes- sieurs, dans cette partie de la convention M. Bourée út les déclarations qu'on lui de-
est également étrange, la conduite de la mandait; il les fit au mois de novembre, sans autorisation, sans instruction préalable, Chine, de ce prétendu suzerain qui sollicite et spontanément, sous sa responsabilité. It écrivit accepte les dépouilles du vassal, notre con- une lettre d'un ton et dans des termes qu'il duite à nous, qui avions assumé les charges du protectorat et qui disposions d'une partie nous serait, encore aujourd'hui, impossible d'ac cepter. Les troupes chinoises étaient au Ton- du territoire qua nous étions chargés de pro- kin, elles y étaient entrées sans droit; leur téger, la conduite enfin de notre négociateur qui, en vue d'un avantage illusoire, traitait présence y était une menace pour les nôtres et
de son autorité privée d'on bien confié préci- constituait une violation formelle d'an terri- toire dont nous avions la défense. Eh bien, sément à la garde de la France. (Très bien ! à M. Bourée sollicitait le retrait des troupes gauche.) Nous ne pouvions accepter davan chinoises, et voici dans quela tormes: Montage cette seconde condition. Gouvernement, altesse... a la lettre était adressée au prince Kong, président du Teong ly-Yamen *mon Gouvernement trouve- rait un gage significatif du bon vouloir de la Chine et de la confiance qu'elle accor derait à nos loyales déclarations, si elle con- sentait à reporter vers le Nord les troupes impériales venues du Kouang-Si et du Yan- Nan, et dont la présence dans le cercle des opérations que nos colonnes volantes doi vent entreprendre contre les bandes aux pa- villons nors > ou jaunes pourrait donner lien à d'embarrassantes difficultés. Quelles ne seraient pas, en effet, les conséquences d'une méprise qui porterait nos soldats à attaquer ceux de l'Empereur ?»
Quoiqu'il fût très vrai que nous n'en voulions nellement à la souveraineté territoriale du roi d'Aunam, et que nous n'avions pas l'intention de sonquérir ou de nous annexer le Tonkin, quoique cela fût vrai, M. Bourée n'en faisait pas moins une déclaration, à laquelle rien ne F'obligeait, qu'on n'avait aucun droit d'exiger de lai. Quoiqu'il fut aussi très vrai que nous ne voulions qu'appliquer purement et simple. ment le traité passé, il y a neuf ans, avec le roi Ta-Dac et dont nous avions donné com- munication au gouvernement impérial, sans que, de ce chef, aucune protestation, aucune objection même nous eût été opposée depuis, M. Bourée, indépendamment d'une déclara 'tion qu'on n'avait nulle raison de ini deman- der, se livrait à des protestations encore plus inacceptables lorsqu'il disait : « Votre altesse me dit aujourd'hui que la Chine a un droit de suzeraineté sur l'Annam, mais c'est là un point qui n'est nullement mis en cause, et je ne vois pas quel intérêt il y aurait à le discater puisque rien dans notre conduite n'impliqué la méconnaissance du principe que Tous voulez bien rappeler. (Rumeurs sur divers bancs.)
Si nous avions souscrit à ce langage, si nous avions approuvé de pareilles déclarations, de pareilles protestations, n'est-il pas vrai? nous aarions, par cette approbation, déchiré ou à peu près le traité de 1874, c'est-à-dire le véritable iitre sur lequel nous nous appayons.
Voilà, messieurs, quelle étais la première con fition de l'arrangement accepté par M. Bou- rée. Il y en avait une seconde, par laquelle il était convenu que la ville tonkinoise de Lao- Kai, terminus naturel de la navigation ascen- cante da Neuve Rouge, serait remise à la Chine, qui y établirait une douane, qui la considérerait comme lui appartenant, e de telle sorte, dit la dépêche de M. Bourée, que les pro- duits étrangers ayant franchi cette barrière se rouveraient placès au delà, sous le rég me or dinaire de tous les produits qui ont pénétré dans l'intérieur de la Chine par les ports ou verts. #
Il y en avait une troisième qui donnait lieu à des objections d'un autre ordre, mais selon nous, également fories.
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Annbo 1833
DEBATS PARLEMENTAIRES
Année 1883
nt un point parmi les informations relatives | porte, jusqu'à ce qu'il fût remplacé; parceque ce traité, et donnant par saite plus de force nous ne voulions pas que ce rappel... l'arrangement que notre agent à Pékin avax autres indications de ce journal, me font acceptées, auxquelles nous n'avons pas craindre que les intérêts de la France au Ton- devoir souscrire et dont l'acceptation pa n'aient pas été complètement sauvegardés M. Barée ne nous a pas para lui layar Murée. près du gouvernement chinois une autori
suffisante pour parler au nom de la France. Et le ministre de la marine ajoutait :
Nous les avons repoussées parce qu'elle. Il ne faut se faire aucune illusion sur ce nous ont paru dangereuses, ilusoires et paint: l'abandon de nos droits vis-à-vis de la deseus tout destructives du traité de 187 line, alors que les Allemand affirment si Si nous les avions acceptées, vous auriez egutement à Swatow leur volonté de ne souf - droit de nous demander et certainemerir aucune in ulte de la part du Céleste plus d'un d'entre vous en aurait asé ce qmpire, peut avoir pour notre influence dans nous faisions des traités que nous étions cha xtrême Orient, pour les intérêts de notre gês de maintenir, de quel droit nous permemmerce, des conséquences telles que je ne bons de mettre à néant la signature de arais trop appeler sur ce point voire haute
ention, (Très bien ! à gauche.) France.
on le dit déj
M. de Gavardte. Il fallait l'y laisser i (Rumeurs à gauche.) Comment on ne peut
pas dire cela ?
Foir à gauche. Non- N'interrompez pas M. le ministre.... eût l'air de couper court, d'interrompre seulement des rapports dont la continuation important à tout le monde.
Lorsque nous avons nommé, pour la rem. placer, un agent d'un esprit conciliant, d'une rare intelligence, et que nous lui avons donné pour mission de se montrer large et facile à toutes les ouvertures qui pourraient luf être faites; nous voulions donner un nouveau té-
Dans les entretiens qu'il m'est arrivé d'avoir avec l'ambassadeur de Chine à Paris, qui n'a- vait plas de relations avec le département de- puis près d'une année, je ne lui ai pas fait mystère de notre désir d'éviter tout démété, lequel n'avait de limite que les engagements que nous avons pria et les engagements qui ont été contractés envers nous, et je dois dire qu'à cette beure rien ne nous donne lieu de éroire qu'on nourrisse en Chine la pensée d'ane rupture,
Car, messieurs, il ne faut pas s'y trompe Et ces conventions, messieurs, si longue.moignage de nos bonnes dispositions. et on aura beau dire, sar la foi d'assertions qui devraient eut élaborées et qui inspiraient de telles plus suspectes, car elles sont bien intéressée armes, ces conventions auxquelles notre mi- sar la foi de lettres écrites à des amis, autore à Pékin attachait une valeur que nous graphiées sur papier de Chine et répandu pouvions leur reconnaître, il n'est pas parmi les complaisants qu'on a dans certaine für qu'elles aient jamais été acceptées journaux, on aura beau dire que jamais on n le gouvernement chinois; il n'est pas sur reconnu la suzeraineté de la Chine sur l'Aly cut jamais souscrit. Vous avez pu lire, nam, et que le traité de 1874 était consera quelques jours, dans un journal con- intact; je vous ai lu, messieurs, quelque ateur, une conversation, très probablement thentique et qu'on n'a point démentie, entre a diplomate en Chine, de laquelle il ré- ite clairement que si ces conventions ont Et quand même ces lignes n'existerale soumises à l'examen du Teong-li-Yamen, pas, je demande, messieurs, ce que c'est qu'y a jamais donné son approbation. Et, de toutes ces négociations, toutes ces transac tions, toutes ces conventions avec la Chia si elles ne sont pas, en fait, la reconnaiss and d'an droit que la Chine ne peut posséd Bans que nous n'en ayons plus aucun Tonkin...
Le télégramme da 29 décembre parmi les lignes qui sont un démenti formel à cette as chargé d'affaires de la Chine à Paris et un conditions dont il donnait une idée, en signa- tion, lignes décisives, à moins qu'elles lait uns, et c'était, à coup sûr, la plus sédui- soient absolament dépourvue de sens. sante, qu'il énonçait en ces termes: Recon- naissance du protectorat de la France au Ton- kin, sauf sur une zone à délimiter le fong de la frontière. Cette reconnaissance, c'était déjà beaucoup que de l'accepter, car on reconnaissait ainsi implicitement à la Chine le droit de la refuser. Mais on conçoit toutefois que le désir de donner à un grani empire.fièr de sa po- pulation et de son territoire immenses, jaloux de conserver les souvenirs de son passe une satisfaction morale et de maintenir à ce prix les bonnes relations que nous avions avec lui, on conçoit parfaitement qu'un pareil désir ens conduit notre agent à accepter une pareille clause. On conçoit de même que, si une rectif cation de frontières paraissait nécessaire à la Chine pour sa sûreté, notre agent s'engageat, notre nom, à l'obtenir du roi d'Annam.
Mais il n'était plus question d'une zone à délimiter le long de la frontière, il s'agissait en réalité de diviser toute la région qui est au nord du fleuve Rouge par une ligne de dé- marcation à tracer en des points qui n'é- taient pas déterminés, la partie au nord de cette ligne devant être placée sous l'autorité de la Chine, celle qui est au sud devant rester sous la police de la France.
Ce n'était pas la reconnatire le protecto- rat de la France, c'était purement et simple. ment le partager. Or, nous voulons bien être les amis de la Chine, et c'est précisé- ment pour cette raison que, loin de nour- rir la pensée d'attenter à l'intégrité de son territoire, nous ne voulons pas même être ses volsins immédiats, séparés d'elle par une ligne simplement idéale. Nous voulons vi- vre avec la Chine en bons termes, sur le pied de relations cordiales, et c'est pour cela que nous ne pouvions accepter une coopération qui aurait ouvert la porte à mille manoeuvres, qui nous aurait imposé des charges dont il était impossible de mesurer le poids, qui aurait ou- vert une source intarissable de prétentions ri- vales, de démélés et de conflits. Nous ne pou- vions pas souscrire à cette condition.
Il y avait un quatrième point sur lequel je n'ai pas à m'appesantir, à savoir que cet état de choses serait placé sous la garantie com- mune de la France et de la Chine. Je ne m'y arrête pas parce que, en présence de ce qui se paste, de ce que nous savons aujourd'hui, en présence de la connivence qui n'a jamais cessé entre l'Annam et la Chine, une pareille condi- tion a vraiment quelque chose de dérisoire. Telles étaient, messieurs, les conditions de
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à peine ces pourparlers étaient-ils ter- nés que dans une lettre d'un caractère mé- crement courtois c'est M. Bourée qui le ket nous devons l'en croire, car il n'a pas cru ir nous faire connaitre cette lettre - le ngli Yamen faisait des contre-proposi- ons qui bouleversaient de fond ea comble M. de Gavardie. Ce n'est qu'un même le travail accompli; il ne s'agissait plus convention, de traité; de quoi s'agissait-il tc? Il s'agissait d'ane conférence dans la- lle aurait été admis un plénipotentiaire an- Es, messieurs, on ne s'y trompa pas emite et dont les membres auraient été rom- Orient. A peine les conventions que je les avant qu'on se fût entenda sur les matiè
randum !
M. le ministre des affaires étrangères
de vous exposer sommairement, avaient-qui devaient être soumises à son examen. commencé à transpirer; à peine étaient était à recommenter. elles connues que, parmi les indigènes, part
Dos nationaux en Chine et en Cochinchis Nous n'avons pas été étonnés, messieurs, je il n'y eut qu'un cri; on y vit aussitôt l'indis le dire, de l'avortement, selon nous, iné de notre prochain départ, le triste prelude table, de négociations entamées précipitam- l'abandon définitif d'une entreprise que no et condaires avec un zèle à tout le poursuivions depuis neuf ans. M. le minisins trop impatient, sous l'empire d'idées de la marine, interprète de ces sentiment gérées et faneses; nous n'en avons pas été ému lui-même d'an tel démenti donné à not prie; mais ce serait se tromper beaucoup, politique et à nos espérances, adressait, serait se méprendre sur nos sentiments que date du 20 février, le jour même où nous a croire que nous nous en sommes jamais
icités. trions aux affaires, au ministre des affair étrangères, une lettre où ces inquiétudes Oa a attribué à je ne sais quel odieux cal. falsaient jour, dans un langage caractéristique, des journalistes qui sembjent ne connaître Les journaux de Chine, disait cette lette les mobiles bas de la nature humaine, publient à propos du projet de traité consel très bien à gauche) ont imputé à je ne sais entre notre ministre et le Tsong li-Yam elle spéculation abjecte le rejet de cet arran- ment; je ne relèverai pas leurs insinuations, des renseignements que je dois suppos inexacts, mais qui ont provoqué dans l'ele de les comprendre (Très bien ! très bien í applaudissements à gauche.) Mais, mes- bars, it fant bien qu'on sache que partout où trême Orient une émotion à laquelle je saurais rester étranger, et je vous serai
s'élèvera entre la France et une puissance vement obligé, si le texte du traité qui nous
pelconque un démélé, nous nous montrerons été annoncé au mois de décembre vous
presses à chercher les moyens de l'applanir cifiquement et heureux de les trouver. Puis- parvenu, de vouloir bien me rassurer à égard.
e la Chine croit avoir an Tonkin d'autres in
« Il paraitrait que le traité reconnaît le dés que ceux de son commerce, ceux de la de suzeraineté de la Chine, ou tout au motarite et de l'ordre que nous sommes charges un droit d'immixion pour elle dans les affur y rétablir, nous n'avons jamais eu la pea- de l'Annam et du Tonkin. Il ne vous éche de nous refuser a priort à toute propo- pera pas que c'est là une doctrine contre ion d'arrangement qui serait compatible avec quelle le département de la marine et des droits. Nous savons tenir compte de la lonies a protesté de la manière la plus iation du gouvernement d'un people im- melle. M. Duclero, d'ailleurs, avait danse et du prix qu'il peut être forcé d'atta- dépêches antérieures partagé complétemler à de certaines concessions flatteuses pour
argueil national. sur ce point l'avis de mon département.
Je ne puis croire que ces nouvelles olorsque nous avons rappelé M. Bourde, exactes, mais leur répétition, l'insertion d'avons, néanmoins, maintenu à son un journal de Shanghai à la date du 9 janvil d'une note, d'un caractère semi-officiel déme
La Chine, messieurs, désire être en sûreté chez elle et elle a raison. Certes, si elle est exposée à quelques périls, ea butte à quelques menaces, ce ne sera pas de notre côté, S'if lai convient d'ouvrir an commerce de l'occident ses provinces du midi, nous en serons hee- reux, s'il lui convient mieux de rester her- métiquement fermée aux produits et aux in- fixences de l'Europe, nous n'avons rien à dire, mais ce que nous ne pourrions admettre, c'est que, hors la Chine, nous ayons à comp- ter avec l'empire du Milieu.
Nous avons la ferme confiance quo la Chine, dont les intérêts au Tonkin sont non pas op- posés mais identiques aux nôtres ne se laissera pas entraîner à une immixtion que nous ne pourrions pas supperter. Nous savons, mes- sieurs, qu'on travaille à exciter la Chine et nous savons qui l'excite. (Trča bien! à gauche. Mouvement.) Nous voyons des passions, qu'on devait croite assoupies pour toujours, se réveiller avec violence. Nous espérons qu'à force de sangfroid, de patience, de mesure, nous au- rons raison de ces passione, nous ferons tom - ber cette colère apparente, nous donnerons à cette fumée le temps de se dissiper. Nous pensons aussi que la Chine ne se laissera pas entrainer.
Sur ce point, je dois l'avouer, il a'est élevé ¦ entre nous et notre ancien ministre en Chine une différence d'appréciation. La nôtre, mes. sieurs, repose sur des informations multi- pliées, approfondies, impartiales. Oa bien tout ce que disent nos agents en Chine, l'o- pinion unanime de tous ceux qui ont vécu dans ce pays, qui l'ont parcouru, qui Pont ha- bité et observé, et les aveux même des fonc- tionnaires chinois de l'ordre le plus élevé, ton t cela ne signifie rien, tout cela est sans valeur ou bien il est avéré, il est certain que la Chine, sa sécurité garantie et son amour- propre mis à couvert, n'aura pas la pensée d'intervenir dans une affaire où elle n'a ni droit ni intérêt. (Très bien très bien 1 et applaudissements prolongés à gauche.)
DÉPÔT DE RAPPORT
M. le président. M. Gouin a la parole pour le dépôt d'un rapport.
M. Gouin, J'ai l'honneur de déposer sur le bureau da Sénat un rapport fait jau nom de la commission des finances sur un projet de
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